88, c’est un beau nombre pour le dernier épisode de ce blog, vous ne trouvez pas ?! Et oui, c’est bel et bien la dernière publication que vous lirez ici… mais avant de vous quitter, je vais
quand même vous raconter les événements de ces mois de silence, et vous expliquer la raison de ma décision !
Le mot de la fin : Hoo’roo (prononcer Ourou)
C’est marrant parce qu’aujourd’hui, Mark et moi sommes allés chez mes beaux-parents pour la fête des pères… et c’est ce que m’a dit ma belle-mère lors de notre départ !!!
Hoo’roo, c’est tout simplement ce que certains Australiens utilisent pour dire « au revoir » !
Bonjour à tous,
J’espère que vous allez bien. Je viens de faire un tour sur le blog et je viens de réaliser que la dernière fois que j’ai pris la plume – je devrais plutôt dire le clavier – c’était au mois de janvier dernier ! Je suis bien conscient que par conséquent, nous avons perdu des gens en chemin… mais j’espère qu’ils viendront refaire un tour par ici et qu’ils auront la chance de lire ces quelques lignes qui leurs sont en partie dédiées.
Métro – Boulot – Saucisse
Depuis janvier dernier, il y a eu du changement dans ma vie professionnelle… parce que j’ai eu une promotion ! Il faut croire que par ces temps de crise, il est aussi possible d’évoluer dans son boulot ?! Moi qui n’étais qu’un simple agent de vente il y a quelques mois, me voilà à superviser une équipe de 18 personnes sur 3 marchés asiatiques d’Air France et KLM : la Corée du Sud, Singapour et l’Australie ! Comme vous pouvez l’imaginer, je suis extrêmement content de ce changement, c’est plus motivant, cela m’a redonné beaucoup d’énergie et a calmé mes fortes envies de rentrer en France en quittant tout ici. Ce n’est pas facile tous les jours. Les récents événements qui se sont succédés ont rendu la tâche parfois délicate, mais c’est un poste tellement enrichissant que ne regrette pas une seule minute d’avoir déposé ma candidature !
La Saucisse à Toulouse
Dans toute cette émulation émotionnelle, Mark et moi avons tout de même réussir à trouver le temps de rendre visite à mes parents et passer un peu de temps avec Maman… Je dois avouer que malgré la fatigue de ces quelques jours passés là-bas, cela m’a fait beaucoup de bien de rentrer à la maison, voir ma famille, mes amis et me ressourcer dans ma ville natale. Cela dit, je ne me sentais plus autant chez moi… Je ne sais pas comment l’expliquer. C’est vrai qu’après tant d’années à vivre loin de Toulouse, je n’ai plus vraiment l’impression d’être à la maison quand j’y reviens. Les choses n’ont pas trop changé, certes, mais j’ai aujourd’hui le sentiment que nous avons « grandi » et évolué à différente vitesse, l’un sans l’autre. C’est peut-être dans l’ordre des choses me direz-vous ?!
La Saucisse fait ses adieux…
Je suis sûr que vous vous demandez pourquoi je désire finir cette aventure… Je vais tenter de vous y répondre aussi sincèrement que possible.
Quand je suis arrivé à Sydney, il y a un tout petit plus de 3 ans, j’envoyais à une sélection de mes amis et de membres de ma famille, une newsletter hebdomadaire racontant mes aventures… Je crois que lorsque l’on part si loin de chez soi, on a besoin de repères, et pour moi, le fait de savoir que mes amis ne m’oublient pas était un moyen de garder ce repère en particulier. C’est un sentiment naturel, je suppose.
Rapidement, l’idée m’a été soufflée par plusieurs de mes amis d’en faire un blog et c’est comme cela que la Saucisse de Toulouse s’est révélée au grand public ! J’ai aussi vite compris que mes amis avaient commencé à m’oublier un peu, mais un autre public commençait à émerger et j’ai voulu continuer pour faire partager mon expérience. De l’autre côté, ma vie s’établissait petit à petit à Sydney et de nouveaux repères se sont mis en place. Le blog a alors continué avec un succès relatif mais encourageant !
Maintenant, les choses sont différentes. J’ai un travail fixe, j’ai stabilisé ma vie, j’ai pris mes habitudes et même si j’ai énormément à découvrir de l’Australie, je n’ai plus autant à donner. Et puis j’avoue que je n’adhère plus autant au projet du blog d’origine… Le but de départ, c’était de jouer la carte du petit Français fraîchement débarqué aux antipodes, à 20 000 kilomètres de la maison, dans un pays anglo-saxon et de critiquer avec une objectivité douteuse un mode de vie qui est pour le coup totalement opposé de celui auquel j’étais habitué à Paris et en France en général ! De fait, cela rassurait ma famille et mes amis de voir qu’en apparence je n’aimais pas vraiment l’Australie, mais cela me rassurait aussi parce qu’ainsi je me raccrochais au rêve de rentrer à la maison… Cela dit je ne regrette rien de ce que j’ai pu dire, même si parfois j’avoue en avoir un peu rajouté !
Les événements économiques ont eu raison de nos projets de retour en France à court terme… et il a donc fallu que je change mon attitude ! Ce blog en est le témoin, je n’ai pas eu que des bons moments ici. Je me suis souvent levé le matin en pleurant et maudissant la terre entière d’être là… mais au bout d’un moment, je me suis dit qu’il fallait que j’utilise cette expérience comme une force pour le reste de ma vie et cela sur beaucoup d’aspects. J’ai ouvert les yeux sur d’autres choses que le choix d’eaux minérales dans les rayons des supermarchés, le prix astronomique des communications téléphoniques, la manière dont les gens s’apostrophent et l’égoïsme des Australiens… J’ai découvert un pays que j’ai appris à aimer à ma manière.
Aujourd’hui, avec le recul, je me dis que cette aventure a été vraiment bénéfique. Je sais qu’elle m’a appris à mûrir énormément, et elle aura contribué à cette expérience unique qu’aura été ma vie ! Je ne regrette qu’une chose, c’est de ne pas avoir des enfants, parce que j’adorerais un jour leur raconter tout cela… Mais je vous rassure, en ce qui me concerne l’aventure est encore loin d’être terminée : c’est simplement le blog que j’arrête d’écrire !
Avant de vous dire au revoir, je voulais remercier tous les lecteurs assidus, les gens qui m’ont soutenu, ma famille qui a su être en permanence à mes côtés, et tous les autres qui se reconnaîtront…
Hoo’roo !
Arno